Alter Egales
Le réseau mixité
du groupe Caisse des Dépôts

Confiance en soi, confiance en nous : que retenir de la conférence ?

Plus de 200 collaborateurs du Groupe, membres du réseau Alter Egales, ont suivi en direct la conférence de Charles Pépin sur le thème de la confiance en soi et de la confiance en nous. Ce philosophe, écrivain et professeur, nous a livré un voyage passionnant : d’où vient la confiance ? Comment la nourrir ? Un concentré de différentes approches philosophiques que les membres du réseau ne voulaient pas manquer !

Trois messages clés

« La "confiance en soi" n’est pas la "confiance en moi", vision narcissique et égotique ».
« Il y a toujours un "Nous" collectif dans la question de la confiance en soi. Ce sont les relations avec les autres qui donnent confiance. »
« Avoir confiance, c’est la capacité à s’engager dans le monde alors même qu’il y a une prise de risque à se lancer ; ce n’est pas se débarrasser de ses peurs et de ses doutes, mais c’est apprendre à les apprivoiser. »

Trois dimensions de la confiance

  • Dimension relationnelle : la qualité des relations donne confiance
  • Dimension technique : compétences
  • Dimension mystique : confiance en la vie

LA CONFIANCE RELATIONNELLE

L’homme a profondément besoin de soutien, d’être rassuré. Ainsi, le nouveau-né a besoin du soutien de femmes et d’hommes pour se développer, prendre de l’assurance. Théorie de l’attachement (Boris Cyrulnik).
La confiance que nous pouvons ressentir dans l’action - par exemple en prenant la parole - ne dépend pas uniquement de notre compétence. Elle dépend aussi de l’accueil et du regard des autres : un regard qui donne confiance.
Etre soutenu donne envie de progresser, d’oser ; cela forge la confiance en nous. Nouer des relations qui soutiennent, sécurisent et libèrent en même temps favorisent cette confiance en soi et dans les autres.
Il faut aller vers des personnes qui nous mettent en confiance (rassurent, apaisent, procurent de la joie) et nous font confiance ; des personnes qui délèguent, soutiennent pour prendre des risques, osent faire du nouveau – idem en entreprise. C’est ce que Charles Pépin nomme la « valse à deux temps » - sécurisation et insécurisation. [Anne Dufourmontelle : Eloge du Risque – la vie demande une confiance en soi].

LA CONFIANCE TECHNIQUE

Maîtriser un savoir, une technique, une compétence donne confiance en soi.
Répéter, répéter, c’est le concept des 10 000 heures pour devenir expert (Malcom Gladwell) : il s’agit de maîtriser et de s’appuyer sur son savoir pour se sentir libre d’improviser au moment venu.
A force de répétition, les champions/ les musiciens développent leur compétence. Leur expertise leur permet de devenir créatif, de faire face à l’imprévu. Par exemple le joueur de tennis, dans les grands tournois, innove et s’adapte à son adversaire, grâce à ses entrainements. La répétition permet de sortir de sa zone de confort quand il le faut.
Avoir confiance, ce n’est pas être sûr de soi, mais c’est y aller quand même, y aller dans le doute, malgré le doute.

LA CONFIANCE MYSTIQUE

Avoir confiance en la vie.
Au fond de toute confiance, il y a une confiance dans le monde. La confiance en soi se cherche au delà de SOI, dans une dimension plus vaste. Certains la trouvent dans le monde, dans l’énergie cosmique, dans la force de la nature, ou encore dans la méditation ; d’autres dans Dieu : une confiance dans plus grand que soi. C’est la confiance mystique. [Husserl et Merleau-Ponty]. Nous avons tous expérimenté une humeur maussade, qui après une ballade dans la nature, devient plus légère.

TROIS PROPOSITIONS POUR NOURRIR LA CONFIANCE

Du concret

La confiance en soi est favorisée par le travail manuel. Aristote dit : l’homme est intelligent parce qu’il a une main. Dans le travail manuel, la main prolonge l’esprit ; le rapport à l’objet est une base de la confiance. On produit un résultat observable.
La souffrance du cadre aujourd’hui c’est celle de ne pas voir ce qu’il produit(contrairement au boulanger, à l’ébéniste…). Rien n’est plus efficace pour la confiance que ce qui est concret.
Paradoxe : la société nous encourage à la confiance en soi ; or les réseaux sociaux font l’apologie de la comparaison, un poison pour cette confiance.

Admirer et se connaître

On a besoin d’admirer pour nourrir sa confiance. Admirer l’autre permet de se dire que, oui, c’est possible. Il n’existe pas de confiance sans connaissance de soi, sans travailler sur soi-même : qu’est-ce-qui m’intéresse ?
Accepter l’expérience de l’incertitude, de l’échec, de difficultés donne aussi confiance. L’échec permet de se découvrir des ressources insoupçonnées, un nouvel appétit.

Cultiver la joie

Ce qui donne confiance, c’est la joie. Les moments de joie font ressentir une confiance dans la vie. Il existe une vraie articulation entre la confiance et la joie. La joie de vivre.

Ne pas confondre : la confiance n’est pas une affaire d’ego ! Ceux qui ont une très haute estime d’eux-mêmes peuvent passer à côté de la confiance en soi. Il faut décorréler l’estime de soi et la confiance en soi.

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