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La Conquête de l’olympisme par les femmes

Hymne à la virilité, les Jeux Olympiques ont dès l’Antiquité été réservés aux hommes. Ils ne cessent de se féminiser, jusqu’à représenter 44 % d’athlètes femmes engagées lors des derniers Olympiques à Londres. Retour sur l’évolution de la place des femmes dans les Jeux, qui tend de plus en plus vers la parité.

"Une olympiade femelle serait impratique"

En 1894, le baron Pierre de Coubertin crée le Comité International Olympique (CIO) et fonde ainsi les Jeux Olympiques modernes, dont seuls les hommes seraient capables. Il déclare publiquement : « Une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte ».

Malgré l’opposition machiste de leur fondateur, les JO de 1900 à Paris comptent 22 sportives sur presque 1000 participants, concourant séparément par genre. La joueuse de tennis britannique Charlotte Cooper y est la première médaillée d’or. En revanche, les sports autorisés aux femmes se limitent à d’anciens loisirs de l’aristocratie tels que le tennis, le croquet, l’équitation ou le patinage artistique. Ces activités sont considérées comme « compatibles avec leur fragilité et leur féminité » et sont supposées protéger leur fécondité, de telles exigences étant incompatibles avec le sport de haut niveau. Ce déséquilibre sexué demeure tout au long du XXème siècle.

Vers une féminisation des Jeux

A partir de l’après-guerre, la proportion de femmes parmi les sportifs participants augmente lors de chaque Olympiade. Ce phénomène s’explique par des revendications de plus en plus nombreuses de la part des femmes à prendre place dans le concert social et qui s’affirment tout au long du XXème siècle. La participation féminine représentait plus de 44 % aux JO de Londres en 2012, contre 23 % à Los Angeles en 1984 et 13 % à Tokyo en 1964. Il va sans dire que la banalisation du sport féminin fait peu à peu vaciller les conservatismes liés aux stéréotypes de genre.

La féminisation des JO se poursuit et la parité progresse ainsi d’année en année. Depuis 1991, toute nouvelle discipline désireuse de figurer aux JO doit obligatoirement comporter des épreuves féminines, par souci de parité et d’égalité des sexes.

La boxe n’est plus un bastion réservé aux hommes

La boxe aura tenu plus d’un siècle en étant réservée qu’aux hommes. C’est seulement en 2012 que cette discipline est autorisée pour les femmes au sein de la compétition olympique, remettant ainsi en cause le cliché de la boxe comme temple de la virilité masculine. Ces Jeux Olympiques de 2012 à Londres étaient les premiers où les participantes ont concouru dans tous les sports au programme.

Si les femmes s’imposent de plus en plus dans le monde du sport, la parité est aussi dans l’intérêt des pays participants. En 2012, les Américaines étaient plus nombreuses que les Américains à avoir participé aux Jeux, et les médailles reflètent leur taux de participation : le pays a reçu 63 % de médailles d’or féminines. Les Chinoises ont, elles aussi, gagné plus de médailles d’or que leurs homologues masculins. C’est aussi le cas des athlètes roumaines, norvégiennes et canadiennes. L’Iran, en revanche, fait figure de mauvais élève en matière de parité au sein de sa délégation : le pays mettait en avant 9 femmes athlètes aux JO de Rio, sur un total de 41 athlètes masculins.

Cynisca, princesse spartiate, est la toute première femme de l’histoire à avoir remporté une victoire aux Jeux Olympiques antiques en 396 av. JC. Elle n’a jamais pu recevoir son prix en personne, du fait qu’elle était une femme. Plutarque a plus tard rapporté qu’elle fut engagée par son frère le Roi Agésilas pour disputer les courses épiques, afin de prouver que les victoires n’étaient pas le prix de la valeur mais celui de la richesse.

Article par Maria Tazi, initialement paru sur Cdmédia, l’intranet de la Caisse des Dépôts.

Illustration : équipe britannique féminine de natation aux Jeux Olympiques de Londres en 1948 / équipe féminine de hockey aux Jeux Olympiques d’hiver à Vancouver, 2010.

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