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Le 8 mars c’est quoi ?

Raison d’être, dérives et revendications

La journée internationale du droit des femmes n’est pas une journée d’hommage à la gente féminine, mais bien une journée de manifestations et de revendications dédiées aux questions d’égalité entre les femmes et les hommes. Le thème de cette édition 2020 est : “Je suis de la Génération Égalité : Levez-vous pour les droits des femmes”. Revenons ensemble sur l’histoire, la raison d’être de cette journée, avant d’en aborder les dérives commerciales et l’appel à la grève.

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Le 8 mars : de 1910 à nos jours

La “journée des femmes” trouve son origine dans les manifestations ouvrières et les luttes féministes menées en Europe et aux États-Unis au début du XXe siècle. C’est lors de la conférence internationale des femmes socialistes de 1910 à Copenhague que la proposition d’une journée internationales des femmes a été soumise par Clara Zetkin, enseignante, journaliste et femme politique allemande. L’idée que les femmes socialistes de tous les pays se réuniraient chaque année pour réclamer le droit de vote a été adoptée, et mise en place dès l’année suivante, le 19 mars 1911.

La date du 8 mars devient une tradition en 1917, suite à la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg, qui marque aussi le premier jour de la révolution Russe. Lénine décrétera d’ailleurs cette date comme la journée internationale des femmes en 1921, mais c’est en 1977 que les Nations-Unis officialisent la journée du 8 mars comme la “journée des Nations Unies pour les droits de la femme et la paix internationale”. En France, la journée internationale des femmes du 8 mars est officiellement reconnue en 1982, à l’initiative du ministère des Droits des Femmes d’Yvette Roudy. Elle sera notamment marquée par un discours du président François Mitterrand.

Des revendications à la commercialisation

Dans les années 70, la journée des femmes prend ses distances avec ses origines socialo-communistes et devient un symbole du mouvement féministe. Le 8 mars est un jour de revendications pour le droit des femmes et l’égalité des genres, de la légalisation de l’avortement à la lutte contre les stéréotypes et les inégalités salariales. C’est aussi l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes dans le monde, en matière d’éducation, d’emploi, de droits politiques, de culture, de santé et de violences à leur encontre.

Cette journée, dédiée pour certains aux femmes et pour d’autres au droit des femmes, prend des allures d’émule de Saint Valentin. De nombreuses marques en profitent en effet pour lancer des opérations commerciales à destination des femmes : roses offertes, réductions, entrées gratuites pour les femmes en jupe… Certains évènements solidaires ou de sensibilisation organisent même des défilés de mode ou des ateliers beauté ! Le tout accompagné par une communication incroyablement sexiste.

L’appel à la grève : rien n’a changé

Le 8 mars c’est aussi un jour de grève pour revendiquer un monde qui respecte le travail des femmes ; visant à refuser le travail bénévole et réclamer l’égalité des salaires. Les revendications sont globalement les mêmes que celles du rassemblement du MLF (Mouvement de Libération des Femmes) en 1974 : reconnaissance du travail domestique, égalité du travail salarié, etc. En voici un aperçu avec cette archive de l’INA :

Le collectif On arrête toutes invite à faire la grève en affirmant que “notre rôle est fondamental dans la société : si on s’arrête, tout s’arrête”. Et cette année le 8 mars tombe un dimanche, alors aucune excuse pour ne pas répondre à l’appel et en profiter pour faire la grève du travail domestique !

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