[FIDES] L'écoute, fondement d'un mentorat transformateur

Le réseau Alter Egales a lancé la 11ème saison de FIDES en réunissant 140 mentors et mentorés sur les 170 participants cette année, autour d'un thème fédérateur : l'art d'écouter comme premier pilier de la confiance en mentorat. Une journée pour explorer comment cette compétence fondamentale transforme les relations professionnelles et crée un climat de confiance propice à la croissance mutuelle. Témoignages inspirants, ateliers collaboratifs et saynètes théâtrales ont rythmé cette journée inaugurale, promettant une saison riche en partages et en dynamique collective.

Dès l'arrivée des participants, l'atmosphère s'est révélée particulièrement chaleureuse. Le cocktail d'accueil a permis des échanges informels pendant lequel mentors et mentorés ont pu faire connaissance dans une ambiance détendue, posant les bases d'une journée placée sous le signe de l'authenticité.

Virginie Chapron-du Jeu, directrice des Risques Groupe et présidente d'Alter Egales, a lancé avec enthousiasme la 11ème saison de FIDES, marquant les 15 ans du réseau Alter Egales. Cette nouvelle édition rassemble 85 binômes soit 170 personnes et 140 d’entre elles, issues de toutes les entités du Groupe et couvrant 11 régions françaises, ont pu se rendre à l’évènement de lancement, un record ! 

Virginie Chapron-du Jeu a souligné la dimension internationale de la nouvelle édition, une première ! : « Nous accueillons deux mentorées de la Caisse des Dépôts du Bénin, donnant le coup d’envoi au futur réseau féminin des Caisses de Dépôts en Afrique. »

Frédéric Meyer, DRH de la SFIL, a complété ce propos en insistant sur la dimension humaine de ces relations professionnelles. Aurore Manac’h, responsable des programmes au sein du réseau Alter Egales, a ensuite présenté le programme de la journée, avant qu'une vidéo inspirante ne rappelle les valeurs fondamentales du programme.

Une table ronde inspirante : quand l'écoute devient le socle de la confiance

La table ronde a marqué les esprits par la profondeur de ses échanges et la richesse des témoignages partagés. 

Florence Chahid-Nourai, Caroline Raden, collaboratrices du groupe Caisse des Dépôts, et Camille Lizop, philosophe, conférencière et enseignante, ont exploré avec justesse et authenticité comment l'art d'écouter transforme les relations de mentorat et, au-delà, tout un réseau professionnel.

L'écoute, bien plus qu'une compétence : une philosophie

Dès les premières minutes, Camille Lizop a posé les bases philosophiques de l'écoute en mentorat. « L'écoute active, c'est le fait de signifier à son interlocuteur qu'on l'écoute effectivement, que l'on accueille son ressenti », a-t-elle expliqué, citant les travaux de Carl Rogers. Mais elle a surtout insisté sur la distinction fondamentale entre :

  • L'écoute orientée (celle du quotidien professionnel, où l'on attend une information précise)

  • L'écoute désintéressée (celle du mentorat, où l'on n'attend rien de particulier, si ce n'est d'accueillir l'autre dans sa singularité)

« Le mentorat, c'est du sur mesure », a-t-elle souligné. « Le but n'est pas de plaquer nos expériences sur l'autre, mais de comprendre ce qu'il vit, avec une écoute sans à priori, sans objectif. La posture du mentor s'inspire de la maïeutique socratique : poser les bonnes questions pour faire émerger les réponses. » 

Des témoignages qui résonnent

Florence : l'écoute comme état d'esprit

Florence a partagé avec humilité sa propre expérience : 

« L'écoute, c'est libérer son propre cerveau. Être complètement disponible à l'autre. Ce n'est pas une technique, c'est un état de conscience. »  

Elle a révélé les défis de cette posture :

- La vigilance permanente pour ne pas prendre trop de place

- Le risque de projeter ses propres inquiétudes

- L'importance de poser des questions plutôt que de donner des conseils

« Je me souviens de notre première rencontre », a-t-elle raconté, « J'avais des biais sur Caroline :  elle doit être très sérieuse, venant de la conformité. Mais dès qu'on a commandé une bière au lieu d'un café, la glace était brisée. L'écoute, c'est aussi ça : s'adapter à l'autre. » 

Caroline : quand l'écoute libère la parole

Caroline a décrit avec émotion comment l'écoute de Florence a changé sa perspective : « Florence m'a écoutée pour comprendre, pas pour répondre. Elle m'a montré que je comptais en accueillant mes mots et mes émotions. » 

Elle a souligné deux éléments clés :

1. Le cadre informel :  Être hors du contexte professionnel nous a permis d'être naturelles. Ce n'était pas une amie à l'écoute, mais presque.

2. La réciprocité : Florence se livrait aussi. Ce n'était pas juste moi qui parlais. Cette confiance est venue vite parce qu'elle partageait ses propres questionnements. 

« Ce qui m'a marquée ? », a-t-elle conclu, « c’est de comprendre que se questionner n’est pas une faiblesse mais au contraire, le moteur qui nous permet de grandir et de nous réinventer ! » 

Des messages forts

L'écoute se travaille

Florence : Personne n'a une écoute parfaite. C'est un travail sans fin, qui demande une vigilance constante. 

Camille : Dans notre société où tout va vite, prendre le temps d'écouter est un acte de résistance. 

L'écoute crée un espace sécurisant

Camille : Le mentorat offre une 'safe place' où l'on peut s'exprimer sans jugement.

Caroline a confirmé : Je n'avais aucune crainte à me livrer, parce que Florence venait d'un autre univers. Cette liberté de parole était précieuse. 

L'écoute transforme les perspectives

Caroline : Florence m'a montré qu'il n'y avait pas un chemin, mais des chemins possibles. Le mentorat m'a permis de reprendre confiance en moi

L'écoute est un cadeau mutuel

Florence : J'offre ce que moi je n'ai pas eu Transmettre, c'est aussi me sentir utile. « Ces moments sont réconfortants, comme un doudou », a-t-elle comparé, soulignant l'impact émotionnel du mentorat.

Les participants se sont ensuite répartis en petits groupes pour des ateliers animés par les facilitateurs d'Alter Egales. 

Ces sessions ont permis d'approfondir les réflexions sur l'écoute à travers des exercices concrets et des partages d'expériences.

L'ice breaker a particulièrement marqué les esprits, chaque participant partageant un talent caché. Les discussions ont permis à chacun d'exprimer ses attentes, ses craintes et ses réussites en matière de mentorat.

Les saynètes : le théâtre au service de la réflexion 

Manon et Lluis ont interprété avec brio plusieurs saynètes illustrant les dynamiques des relations au travail ou ailleurs. Ces mises en situation, à la fois drôles et percutantes, ont offert un miroir des réalités du terrain.

Trois saynètes particulièrement marquantes :

« Le dialogue de sourds » montrait une femme parlant sans écouter, face à un collègue n’osant pas exprimer ses besoins réels.

« Le feedback maladroit » mettait en lumière les pièges de la communication quand on veut aider l’autre, et l'importance des mots choisis.

« L'écoute libératrice » présentait une relation idéale où la femme créait un espace sécurisant pour son collègue.

Après chaque saynète, Florent Prieux, membre du Copil FIDES, a animé un débat avec le public. Les échanges ont révélé des prises de conscience importantes :

« J'ai réalisé que parfois, reformuler simplement ce que dit l'autre peut tout changer. » 

« Un bon mentorat, c'est accepter de ne pas tout savoir et apprendre de l'autre. » 

« L'écoute, c'est aussi savoir poser les bonnes questions pour faire réfléchir. »

Le lancement de la saison 11 de FIDES a posé les bases d'une année placée sous le signe de l'écoute et de l’enrichissement mutuel. Rendez-vous pour de nouvelles aventures humaines et professionnelles !
 

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