Sexisme en France en 2026 : la menace masculiniste
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Publié le 02/02/2026
Le rapport 2026 du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes dresse un constat alarmant : malgré les progrès législatifs et sociaux, le sexisme reste profondément enraciné dans la société française. Le document alerte également sur la montée des discours masculinistes, désormais perçus comme une menace sociale et sécuritaire.
Des chiffres qui alertent
Le rapport révèle que le sexisme n’est pas un phénomène marginal. Parmi les données marquantes :
12,5 millions de Français adhèrent à des normes sexistes paternalistes (7,5 millions d’hommes et 5 millions de femmes), qui perpétuent des rôles traditionnels de genre.
Près de 10 millions de Français (17 % des 15 ans et plus) expriment un sexisme hostile, ouvertement agressif ou dévalorisant envers les femmes.
Le cybersexisme touche massivement les femmes : 84 % des victimes de contenus misogynes en ligne sont des femmes.
Les jeunes perçoivent plus fortement le sexisme comme un problème social, tandis que cette perception diminue avec l’âge.
Ces chiffres montrent que le sexisme n’est plus seulement une question de comportements individuels isolés, mais un phénomène social et structurel, influençant les rapports entre hommes et femmes dans tous les domaines : travail, famille, sphère publique et numérique.
La montée des discours masculinistes
Pour la première fois, le Haut Conseil met en lumière la diffusion de discours masculinistes structurés.
Ces mouvements, souvent relayés par les réseaux sociaux, ne se limitent pas à des opinions controversées. Ils remettent en cause les droits des femmes et légitiment parfois la violence, et contribuent à banaliser les comportements sexistes dans l’espace public et en ligne.
Les experts du Haut Conseil alertent sur leur potentiel à fragiliser l’ordre public et l’égalité réelle.
Le rapport insiste sur le fait que ces discours doivent être considérés comme un enjeu de sécurité sociale et numérique, et non comme un simple débat idéologique.
Les formes de sexisme identifiées
Le rapport distingue deux grandes formes de sexisme :
1. Le sexisme paternaliste
Souvent déguisé en « bienveillance », il perpétue l’idée que les femmes sont fragiles ou inférieures. Il est présent dans la sphère professionnelle et familiale, notamment dans les stéréotypes liés aux métiers ou aux tâches domestiques.
2. Le sexisme hostile
Ouvertement agressif et dévalorisant, il inclut les violences verbales, physiques et numériques. Il touche particulièrement les femmes jeunes et actives sur les réseaux sociaux.
25 recommandations pour agir
Le Haut Conseil à l’Égalité formule donc 25 recommandations dont :
Renforcer la régulation des contenus numériques pour limiter la propagation de propos misogynes.
Inclure le masculinisme comme catégorie spécifique dans les systèmes de signalement.
Développer l’éducation à l’égalité dès le plus jeune âge, notamment sur la vie affective et relationnelle.
Améliorer la collecte des données pour mieux suivre l’évolution du sexisme et des comportements hostiles.
Mobiliser les acteurs publics et privés pour créer des environnements de travail et de formation inclusifs.
Ces mesures visent à prévenir et réduire les comportements sexistes, mais aussi à renforcer la résilience sociale face aux idéologies hostiles.
« Ce rapport éclaire notre pays sur la menace masculiniste et les idées violentes et radicales qu’elle véhicule. Ce rapport doit être un électrochoc pour que les responsables politiques s’emparent du problème du sexisme et de la menace sécuritaire que les masculinistes font peser sur notre pays. » Bérangère Couillard, présidente du Haut Conseil à l’Égalité.
Le rapport sur l'état des lieux du sexisme en France en 2026
